Bienvenue en 2002, une nouvelle ère s’annonce. Les paquets de dix sont en francs pour encore quelques heures et pour la première fois, les porcs s’offrent un second tour de manège. Au milieu du chaos, des cris, des hurlements. La mama rock’n’roll, cette bonne vieille radasse adulée, accouche finalement d’une Nième progéniture difforme : Nippercreep. C’est un nom valable, traduisez « gosse répugnant » dans la langue de Molière. Comme à tous les débuts, ça ingurgite et ça régurgite, surtout du bassiste. Puis la situation se stabilise pour enfin attaquer une série de nuits agitées. Le môme grandit, les membres qui le composent sont déséquilibrés, gauches et mal proportionnés. Mais ils reflètent tout de même une certaine harmonie : deux binômes de frères de sang pour un quadrinôme prépubère de frères du rock. Germain, Kevin, Sylvain et Antoine. Dans sa quête d’identité, Nippercreep s’inspire et reprend. Puis un jour, reprend son inspiration et expire enfin une quinzaine de morceaux. En 2007, certains sortiront dans un split avec le groupe finlandais The Warblinkers. Pour ce qui est des autres titres, ils finiront enterrés en même temps que le disque dur qui les accompagnait. Dès lors, les copies de sauvegarde deviendront une obsession d’ordre psychiatrique.

En 2010, le groupe entame l’enregistrement de son premier album, Test. L’année suivante est consacrée au ré-enregistrement de l’EP perdu. Son titre, Combustion, est lui aussi un nom valable. Il sort en Novembre 2011, conjointement sur les labels Chabane’s Records et Circumanalis Records (Croatie), et précédé du single « Tuning ». Ayant participé à de nombreuses compilations entre 2006 et 2012, le groupe décide de les regrouper sur un album « Annales Herpétiques » qui sort en Octobre 2012 via Chabane’s Records et Torn Flesh Records (USA). Entre 2011 et 2012 le groupe compose et enregistre quatre morceaux en vu d’un split 30cm avec les groupes Dernière Sommation et Anonyma. Le split est édité en Juin 2013.

L’enregistrement de leur deuxième album débute en Octobre 2013 pour se terminer en Juin 2015. « Tripède Majeur » sort le 21 Mai 2016 sur le label Renverse Prods. Quatorze années pour en arriver là … L’album de la maturité ? Sûrement pas, car si Nippercreep était le nom d’une rue, ce serait une impasse. La création de cet album s’est inscrite dans la durée. Un indien zarbi à moitié à poil tout droit venu des seventies ayant conseillé d’adopter une conscience biosphérique, l’interprétation des astres et du vent dans les feuilles aura pris un certains temps. Notamment pour le membre que l’on appellera par défaut le chanteur. Résultat, un Tripède Majeur comme tryptique d’humeurs qui façonne l’avancée de nos existences. Ainsi, les titres balayent l’introspection pré et post apocalyptique, l’apathie pusillanime, l’exode interne et externe, et comme tout groupe de rock bien pensant, la mort. Une musique comme outil exutoire des démons qui nous animent, une thérapie de groupe, où Nippercreep joue avant tout pour lui, car le reste est accessoire.

Composition du groupe
Antoine Prioux – chant
Sylvain Prioux – guitare
Kevin Orliange – basse, synthétiseur
Germain Orliange – batterie, percussions

L’écran – Extrait de l’album : Tripède Majeur
Faguebine – Extrait de l’album : Test
Alias Dr House – Extrait de l’album : Test

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